La première fois qu'on entend un golfeur annoncer « j'ai fait un bogey au 6, mais un birdie au 9 », on comprend à peu près une chose : que la partie s'est plutôt bien terminée. Pour le reste, il faut deviner — ou demander, ce qui n'est pas toujours confortable quand tout le monde autour semble avoir grandi avec ce vocabulaire. Ce lexique réunit une trentaine de termes que vous croiserez dès votre première carte verte, du plus basique (le par) au plus technique (le slope), avec un exemple concret pour chacun.

Inutile de tout mémoriser d'un coup. La plupart de ces mots reviennent naturellement au fil des parties — mais les avoir sous la main évite de hocher la tête sans comprendre pendant que le reste du groupe discute de sa partie au 19e trou.


Le par

Le par est le nombre de coups qu'un joueur de bon niveau est censé mettre pour terminer un trou, en comptant deux coups de putting sur le green. Sur un parcours classique de 18 trous, le par total tourne autour de 70 à 72, réparti entre des trous courts (par 3), moyens (par 4) et longs (par 5).

C'est la référence à partir de laquelle tout le reste du vocabulaire du score se construit : birdie, bogey, eagle ne veulent rien dire sans savoir d'abord combien de coups étaient « prévus » pour ce trou précis. Un par 4 joué en 4 coups, c'est un par tout court — ni bon ni mauvais, dans la norme.

Le birdie

Un birdie, c'est un trou terminé en un coup de moins que le par. Sur un par 4, cela veut dire le terminer en 3 coups. C'est le premier objectif symbolique de beaucoup de golfeurs en progression : le signe qu'un trou a été particulièrement bien négocié, souvent grâce à une bonne approche suivie d'un putt réussi.

Pour un débutant, faire un birdie reste rare les premières saisons — et c'est normal. Ne pas en faire pendant longtemps ne dit rien de votre progression réelle ; le score global (votre nombre de coups sur l'ensemble du parcours) est un bien meilleur indicateur.

Le bogey

Le bogey est l'inverse du birdie : un trou terminé en un coup de plus que le par. C'est de loin le résultat le plus fréquent chez un joueur intermédiaire, et il n'a rien de honteux — la majorité des golfeurs amateurs jouent l'essentiel de leurs trous en bogey ou double bogey (deux coups de plus que le par).

On entend parfois parler de « bogey golfer » pour désigner un niveau de jeu précis : un joueur dont le score moyen tourne autour du par + 18 sur un parcours complet, soit environ un bogey par trou. C'est un repère de progression réaliste, pas un objectif médiocre.

L'eagle

L'eagle (aigle) désigne un trou terminé en deux coups de moins que le par — par exemple un par 5 joué en 3 coups, ou un par 4 joué en 2. C'est un événement suffisamment rare pour être raconté au club pendant des semaines : il suppose souvent un très bon drive suivi d'un coup d'approche exceptionnel, voire d'un coup directement joué dans le trou.

Au-delà de l'eagle existe l'albatros (trois coups de moins que le par), pratiquement inexistant chez les amateurs, et le trou en un (hole-in-one), qui parle de lui-même sur un par 3.

Le mulligan

Le mulligan est la tolérance qui consiste à rejouer un coup raté sans le compter dans le score — le plus souvent accordée pour le tout premier coup de départ d'une partie amicale, histoire de laisser le temps de « se chauffer ». C'est une coutume, pas une règle : aucun texte officiel de la R&A ou de la FFGolf ne prévoit le mulligan, et il n'a évidemment aucune existence en compétition.

En tant que débutant, ne comptez pas dessus systématiquement : certains groupes de joueurs expérimentés n'en accordent jamais, d'autres l'offrent volontiers sur le premier trou. Le plus simple est de demander avant de partir, ou d'attendre qu'on vous le propose.

Le fairway

Le fairway est la bande d'herbe tondue courte qui relie le départ (tee) au green, sur la trajectoire directe du trou. C'est la zone où l'on cherche à faire atterrir sa balle après le drive : le contact y est net, la balle roule bien, et le coup suivant s'y joue dans de bonnes conditions.

« Rester dans le fairway » est l'un des premiers réflexes qu'on apprend en carte verte, avant même de chercher la distance. Un drive court mais dans le fairway vaut presque toujours mieux qu'un drive long mais perdu sur le côté.

Le green

Le green est la surface d'herbe tondue très ras autour du trou, où se joue le putting. C'est la zone la plus entretenue de tout le parcours — la balle y roule vite et la moindre pente se ressent. Chaque trou a son propre green, avec un drapeau (le flag) planté dans le trou pour le rendre visible de loin.

« Toucher le green en régulation » (atteindre le green en 2 coups de moins que le par du trou, par exemple en 2 coups sur un par 4) est l'un des indicateurs statistiques les plus suivis par les joueurs qui progressent sérieusement.

Le bunker

Un bunker est une fosse de sable, placée en général en bordure de fairway ou autour du green, pensée comme un obstacle stratégique. Jouer un coup depuis un bunker demande une technique spécifique (un swing plus ample, une entrée de club dans le sable avant la balle) qui se travaille au practice, sur une zone dédiée appelée bunker d'entraînement.

Contrairement à une idée reçue chez les débutants, on ne joue jamais la balle « comme sur l'herbe » depuis un bunker : le club ne doit généralement pas toucher le sable avant l'impact hors de la zone de swing, sous peine de pénalité selon les règles en vigueur.

Le rough

Le rough est l'herbe plus haute et moins entretenue qui borde le fairway et le green. Une balle qui y atterrit s'y enfonce partiellement, ce qui rend le contact suivant plus difficile à contrôler — la balle part souvent moins loin et moins droit qu'un coup équivalent joué depuis le fairway.

Il existe parfois plusieurs niveaux de rough sur un même parcours : un « petit rough » proche du fairway, encore jouable normalement, et un rough plus épais et plus pénalisant en bordure extérieure, que les joueurs expérimentés évitent activement en visant leur trajectoire.

Le handicap (index)

Le handicap, ou index, est le chiffre qui représente le niveau réel d'un joueur, indépendamment du parcours joué. Plus il est bas, meilleur est le golfeur : un joueur professionnel tourne autour de 0 à -5, un très bon amateur autour de 5 à 10, et un débutant qui vient d'obtenir sa carte verte démarre en général avec un index plafonné à 54, le maximum autorisé par le système international WHS (World Handicap System).

L'index sert notamment à comparer des joueurs de niveaux différents sur un pied d'égalité (via le calcul du slope, la difficulté relative de chaque parcours), et à mesurer sa propre progression dans le temps, carte de score après carte de score. Pour aller plus loin sur son calcul exact, notre article dédié au handicap détaille la méthode WHS pas à pas.

Le drive

Le drive est le premier coup joué sur un trou, depuis la zone de départ (le tee), généralement avec le club le plus long du sac (le driver). C'est le coup qui donne le ton du trou : bien placé dans le fairway, il ouvre la voie à un coup d'approche confortable ; mal maîtrisé, il peut compliquer tout le reste du trou.

Contrairement à une idée reçue, la distance du drive n'est pas ce qui compte le plus pour un débutant — la régularité et le placement priment largement sur la longueur, surtout dans les premières saisons de pratique.

L'approche

L'approche (ou approach) désigne les coups joués à proximité du green, quand la balle n'est plus assez loin pour justifier un grand swing mais pas encore sur le green pour putter. Elle regroupe deux gestes distincts : le pitch (un coup plus haut, avec un club ouvert, pour faire atterrir la balle en douceur près du drapeau) et le chip (un coup plus bas et roulé, joué depuis très près du green).

C'est, avec le putting, la partie du jeu où la marge de progression est la plus rapide pour un débutant : un bon petit jeu compense largement un drive perfectible, et se travaille efficacement sur l'aire d'approche du practice, sans même passer par le grand parcours.


D'autres mots qu'on entend souvent au club

Terme Définition rapide
Tee Petit support planté dans le sol pour surélever la balle au départ d'un trou, ou nom de la zone de départ elle-même
Slice / hook Trajectoire de balle qui part fortement à droite (slice) ou à gauche (hook) pour un droitier, souvent liée à l'angle de la face du club à l'impact
Out of bounds (OB) Zone hors des limites du parcours, matérialisée par des piquets blancs — une balle qui y atterrit est pénalisée
Slope Indice de difficulté relative d'un parcours par rapport à un joueur moyen, utilisé pour ajuster le calcul du handicap
Stableford Format de jeu en points plutôt qu'en coups comptés, plus indulgent pour les débutants sur les trous ratés
Scratch Joueur dont le handicap est de 0 — capable de jouer le par sur un parcours donné

Le vocabulaire du golf vient presque entièrement de l'anglais, l'histoire moderne du sport étant écossaise. C'est pour ça que birdie, bogey, eagle, green ou fairway n'ont jamais vraiment été traduits en français, contrairement à d'autres sports — et que les apprendre une bonne fois pour toutes évite bien des malentendus sur le parcours.

Comment ces mots s'utilisent vraiment sur le parcours

Ce lexique prend tout son sens une fois combiné aux situations réelles de jeu. Comprendre ce qu'est un fairway ne sert à rien si on ne sait pas encore comment s'y comporte l'étiquette du golf, ni ce que ça change concrètement à l'issue d'un trou raté sur le score final. C'est en accumulant les parties — même modestes, même en pitch & putt au départ — que ce vocabulaire cesse d'être une liste et devient un réflexe.

Une bonne habitude en début de pratique : noter sur sa carte de score, à côté du chiffre, le mot correspondant (birdie, par, bogey...) plutôt que de se contenter du nombre de coups. Ça aide à mémoriser le vocabulaire plus vite qu'en le lisant seul dans un article — même celui-ci.


Aucun de ces termes n'est nécessaire pour jouer correctement au golf — on peut très bien profiter d'une partie sans jamais dire le mot « bogey » à voix haute. Mais les comprendre change une chose : on cesse de subir la conversation du 19e trou pour commencer à y participer.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un birdie et un eagle ?

Un birdie, c'est un trou joué en un coup de moins que le par. Un eagle, c'est un trou joué en deux coups de moins que le par. L'eagle est beaucoup plus rare : il suppose souvent un coup exceptionnel, comme atteindre un par 5 en deux coups.

Le mulligan est-il autorisé par les règles officielles du golf ?

Non. Le mulligan (rejouer un coup raté sans pénalité) n'existe dans aucune règle officielle de la R&A ou de la FFGolf. C'est une tolérance amicale, souvent accordée au premier départ d'une partie entre proches, mais elle n'a aucune valeur en compétition ou pour le calcul d'un score officiel.

C'est quoi la différence entre le fairway et le rough ?

Le fairway est la zone d'herbe tondue courte et entretenue entre le départ et le green, où la balle roule et se joue facilement. Le rough est l'herbe plus haute et moins entretenue qui borde le fairway : la balle s'y enfonce et le coup suivant y est plus difficile à exécuter proprement.

Comment fonctionne le handicap au golf pour un débutant ?

Le handicap (ou index) est un chiffre qui représente votre niveau de jeu : plus il est bas, meilleur est le joueur. Un débutant qui vient d'obtenir sa carte verte démarre en général avec un index plafonné à 54, le maximum autorisé par le système WHS. Il baisse au fil des cartes de score rendues sur des parcours homologués.

Pourquoi appelle-t-on le bar du club le 19e trou ?

Un parcours de golf compte 18 trous. Le « 19e trou » est une expression humoristique qui désigne le moment où la partie est finie et où les joueurs se retrouvent au bar ou à la terrasse du clubhouse pour commenter la partie — c'est souvent là que se transmet le vocabulaire du golf, entre golfeurs plus expérimentés et débutants.

Prêt à mettre ce vocabulaire en pratique ?

Trouvez un golf près de chez vous et faites votre première carte de score — le meilleur moyen de retenir ces mots pour de bon.

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